⚡ Calcul de la Section de Câble Électrique et Solaire
Mis à jour le 11 octobre 2026 · Rédigé par l'équipe technique NRJSOLAIRE (Dakar), installateur et intégrateur photovoltaïque depuis 2010.
En bref
- La section d'un câble se choisit avec deux vérifications : le courant admissible (le câble ne doit pas chauffer) et la chute de tension (l'appareil doit recevoir une tension suffisante).
- Formule de base en courant continu ou monophasé : S = 2 × ρ × L × I ÷ ΔU, avec ρ ≈ 0,0225 Ω·mm²/m pour le cuivre en service.
- En photovoltaïque, visez une chute de tension ≤ 3 % (idéalement 1 %) côté DC, et utilisez du câble solaire H1Z2Z2-K (norme EN 50618).
- Plus la tension est basse (12 V, 24 V, 48 V), plus les sections augmentent : c'est la principale cause d'erreur sur les installations solaires.
Pourquoi la section du câble est déterminante
Un câble trop fin provoque trois problèmes : il chauffe (risque d'incendie et vieillissement de l'isolant), il fait chuter la tension (l'onduleur se coupe en « tension batterie basse » alors que la batterie est chargée, un moteur démarre mal) et il gaspille de l'énergie sous forme de chaleur. Sur une installation solaire, chaque watt perdu dans les câbles est un watt produit par vos panneaux qui n'arrive jamais à vos appareils.
Au Sénégal, deux contraintes s'ajoutent : les températures ambiantes élevées (40 °C et plus dans les locaux techniques ou sur les toitures), qui réduisent le courant qu'un câble peut transporter, et les grandes distances fréquentes en milieu rural (forage éloigné du champ PV, local batteries à l'écart de la maison).
Les deux critères à vérifier
1. Le courant admissible (échauffement)
Chaque section supporte un courant maximal qui dépend du mode de pose (à l'air libre, sous conduit, enterré), de la température ambiante, du nombre de circuits regroupés et de l'isolant. Ces valeurs sont données par la norme NF C 15-100 (et sa référence internationale IEC 60364-5-52) pour les câbles courants, et par la fiche du fabricant pour les câbles solaires.
Exemple concret : le câble solaire Lapp ÖLFLEX SOLAR H1 BUR en 6 mm² est donné pour 72 A à l'air libre à 30 °C (IEC 62930). Posé dans une goulotte en plein soleil, sa capacité réelle est nettement plus faible : il faut appliquer les coefficients de correction de température et de regroupement.
2. La chute de tension
Même s'il ne chauffe pas, un câble long et fin fait perdre de la tension. Les limites usuelles :
| Circuit | Chute de tension recommandée | Référence |
|---|---|---|
| Partie DC photovoltaïque (strings → onduleur ou régulateur) | ≤ 3 %, idéalement ≤ 1 % | Guide UTE C15-712-1 |
| Liaison batterie ↔ onduleur | ≤ 1 à 2 % (courants élevés) | Notice du fabricant de l'onduleur |
| Éclairage (alimentation par le réseau public) | 3 % | NF C 15-100 |
| Autres usages (prises, moteurs) | 5 % | NF C 15-100 |
La section retenue est la plus grande des deux : celle qui respecte à la fois le courant admissible et la chute de tension.
Les formules de calcul
Courant continu (DC) et monophasé :
S = 2 × ρ × L × I ÷ ΔU
Triphasé équilibré :
S = √3 × ρ × L × I × cos φ ÷ ΔU
- S : section en mm²
- ρ (résistivité) : 0,0225 Ω·mm²/m pour le cuivre et 0,036 pour l'aluminium. Ce sont les valeurs à chaud retenues pour les calculs de chute de tension. La valeur 0,0175 souvent citée correspond au cuivre à 20 °C : elle sous-estime la chute de tension réelle d'environ 25 %.
- L : longueur aller du câble, en mètres (le « 2 » de la formule compte déjà le retour)
- I : courant en ampères
- ΔU : chute de tension admissible en volts (par exemple 3 % de 48 V = 1,44 V)
Quatre exemples de calcul
Exemple 1 : liaison 48 V DC de 10 A sur 30 m
ΔU admissible à 3 % = 0,03 × 48 = 1,44 V.
S = 2 × 0,0225 × 30 × 10 ÷ 1,44 = 9,4 mm² → section normalisée 10 mm².
Pour viser 1 % (0,48 V), il faudrait 28 mm², donc 35 mm² : c'est pourquoi on évite les longues liaisons en basse tension.
Exemple 2 : string de 10 panneaux JA Solar 550 Wc sur 25 m
Le module JAM72S30-550/MR a une tension au point de puissance maximale Vmp = 41,96 V et un courant Imp = 13,11 A (fiche fabricant, conditions STC). Dix modules en série donnent environ 420 V et 13,1 A.
Avec du câble solaire 6 mm² : ΔU = 2 × 0,0225 × 25 × 13,11 ÷ 6 = 2,46 V, soit 0,6 % de 420 V. Le 6 mm² est confortable ; le 4 mm² donnerait environ 0,9 %.
C'est tout l'intérêt de câbler les panneaux en série : la tension monte, le courant reste faible, et les sections restent raisonnables.
Exemple 3 : batterie 48 V vers onduleur hybride 5 kW, 3 m
À pleine puissance et batterie en fin de décharge (environ 44 V), avec un rendement de 94 % : I ≈ 5 000 ÷ (44 × 0,94) ≈ 121 A.
Pour 1 % de chute (0,48 V) : S = 2 × 0,0225 × 3 × 121 ÷ 0,48 = 34 mm² → 35 mm².
Côté échauffement, 121 A en pose sous conduit dans un local à 40 °C demande davantage (50 mm² d'après les valeurs prudentes du tableau ci-dessous) ; posé à l'air libre sur chemin de câbles, le 35 mm² peut suffire. Dans tous les cas, la section minimale indiquée dans la notice de l'onduleur prime, ainsi que le calibre du fusible ou du disjoncteur DC de protection.
Exemple 4 : départ monophasé 230 V de 32 A sur 40 m
ΔU à 3 % = 6,9 V. S = 2 × 0,0225 × 40 × 32 ÷ 6,9 = 8,3 mm² → 10 mm² (chute réelle ≈ 2,5 %).
Tableaux de sections indicatives en 24 V et 48 V DC
Sections minimales en cuivre pour une chute de tension de 3 %, en tenant compte d'un courant admissible prudent (câble posé sous conduit, ambiance 40 °C, valeurs dérivées de l'IEC 60364-5-52, méthode B2). Les longueurs sont des longueurs aller.
Système 48 V DC
| Courant | 2 m | 5 m | 10 m | 20 m | 30 m |
|---|---|---|---|---|---|
| 10 A | 1,5 | 2,5 | 4 | 10 | 10 |
| 20 A | 2,5 | 4 | 10 | 16 | 25 |
| 40 A | 10 | 10 | 16 | 25 | 50 |
| 60 A | 16 | 16 | 25 | 50 | 70 |
| 100 A | 50 | 50 | 50 | 70 | 95 |
Système 24 V DC
| Courant | 2 m | 5 m | 10 m | 20 m | 30 m |
|---|---|---|---|---|---|
| 10 A | 1,5 | 4 | 10 | 16 | 25 |
| 20 A | 2,5 | 10 | 16 | 25 | 50 |
| 40 A | 10 | 16 | 25 | 50 | 95 |
| 60 A | 16 | 25 | 50 | 95 | 120 |
| 100 A | 50 | 50 | 70 | 150 | 240 |
Sections en mm². Ces tableaux servent à pré-dimensionner ; une note de calcul doit appliquer les coefficients réels du chantier (mode de pose, regroupement, température). Comparez les deux tableaux : à puissance égale, passer de 24 V à 48 V divise le courant par deux et réduit fortement les sections.
Quel câble choisir pour une installation solaire ?


- Côté panneaux (DC) : câble solaire H1Z2Z2-K conforme à l'EN 50618 — âme en cuivre étamé souple, isolant réticulé sans halogène, résistance aux UV, tension assignée 1,5 kV DC. Un rouge pour le +, un noir pour le −, en 4 ou 6 mm² pour la plupart des strings.
- Connecteurs : MC4 d'origine, sertis avec l'outil adapté, et toujours de la même marque que le connecteur d'en face. Mélanger des MC4 de fabricants différents est une cause fréquente d'échauffement et de départ de feu.
- Côté batteries : câbles souples de forte section avec cosses serties et protection (fusible ou disjoncteur DC) au plus près de la batterie.
- Côté AC : câbles U-1000 R2V ou équivalents selon le mode de pose, dimensionnés comme une installation électrique classique.
Les erreurs les plus fréquentes
- Oublier le retour : utiliser L au lieu de 2 × L divise par deux la chute de tension calculée.
- Utiliser ρ = 0,0175 sans correction de température.
- Dimensionner sur la puissance moyenne au lieu du courant maximal (démarrage d'un moteur, pointe de l'onduleur, batterie en fin de décharge).
- Allonger les liaisons en basse tension : mieux vaut rapprocher les batteries de l'onduleur, ou monter en tension, que poser des câbles de 70 mm² sur 20 m.
- Utiliser du câble domestique en extérieur : il ne résiste ni aux UV ni à la chaleur d'une toiture.
- Négliger les protections : la section doit être cohérente avec le calibre du fusible ou du disjoncteur qui la protège.
Pour aller plus loin
- Les effets négatifs de la chute de tension le long d'un câble
- Câbler des panneaux solaires en série ou en parallèle
- Le câblage des batteries
- Parafoudres type 1 et type 2 : où les installer
- Accessoires solaires : câbles, connecteurs et protections
Questions fréquentes
Quelle section de câble pour un panneau solaire ?
Pour la plupart des strings résidentiels (courant inférieur à 15 A), le câble solaire de 4 mm² ou 6 mm² suffit. Le 6 mm² est préférable dès que la distance dépasse 20 à 30 m ou que les modules dépassent 13 A.
Quelle chute de tension maximale en photovoltaïque ?
Le guide UTE C15-712-1 recommande au maximum 3 % sur la partie DC, avec un objectif de 1 % pour limiter les pertes de production.
Faut-il compter l'aller et le retour du câble ?
Oui. Dans la formule S = 2 × ρ × L × I ÷ ΔU, L est la longueur aller ; le facteur 2 intègre le retour. En triphasé équilibré, le facteur devient √3 × cos φ.
Quelle valeur de résistivité utiliser pour le cuivre ?
0,0225 Ω·mm²/m pour un calcul de chute de tension (cuivre en fonctionnement). La valeur 0,0175 correspond au cuivre à 20 °C.
Le câble électrique classique peut-il remplacer le câble solaire ?
Non pour la partie DC exposée : seul un câble conforme à l'EN 50618 (H1Z2Z2-K) garantit la tenue aux UV, à la température et à la tension continue élevée des strings.
Besoin d'une note de calcul ou du matériel ?
NRJSOLAIRE dimensionne les câbles, protections et coffrets de vos installations solaires et fournit le câble H1Z2Z2-K, les connecteurs MC4 et les protections DC/AC.
